mardi 26 mai 2015

Alchimie Spirituelle

 


Un adage alchimique énonce :

" Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ".
L´Alchimie de la Matière met en oeuvre des principes que l´on retrouve dans l´Alchimie

Spirituelle.


Les différents stades de la transformation de la matière première, vile et corruptible, pour arriver à

la pierre philosophale sont successivement :

1. Le stade de la putréfaction ou oeuvre au noir.

2. Le stade de la purification ou oeuvre au blanc.

3. Puis le stade de la multiplication ou oeuvre en rouge.
La Putréfaction :

Elle correspond à la descente de l´homme dans la matière.

C´est la phase pendant laquelle l´attrait du factice et de la société va le faire chuter, au risque de tuer

en lui tout honneur, toute dignité, toute conscience.

Au terme de cette phase,

- ou bien, l´homme s´est laissé totalement piéger par le système dans lequel il vit, et il y a disparu,

transformé en robot, n´ayant plus aucune pensée propre. Sa vie se résume alors à travailler,

consommer et jouir ;

- ou bien, il a encore un sursaut de vie et de lucidité et il s´insurge contre l´absurdité de la vie qu´on

veut lui faire mener. Il se dit qu´il n´est pas possible qu´il soit sur Terre pour des finalités aussi

dénuées d´intérêt.

Si l´homme a ce sursaut de vitalité, tous les espoirs lui seront alors permis, sa putréfaction, sa

descente dans la matière n´aura pas été inutile ; alors qu´elle aurait engendré sa mort spirituelle s´il

n´avait pas vu la nécessité de s´en sortir, cette simple prise de conscience donne un autre sens à sa

vie, et lui ouvre la porte de l´étape suivante : celle de l´initiation, de la purification.
La Purification :

Pendant cette phase, symboliquement la couleur passe du noir au blanc, cela veut dire que l


´homme va s´épurer de ses imperfections, de toutes les erreurs que son éducation lui avait fait

prendre pour des vérités.

Tout doucement, il va se mettre en chemin, de prise de conscience en prise de conscience, pour se

connaître lui-même et connaître le monde qui l´a fait naître.

Dans cette descente en lui-même, il se heurtera à tout ce que son milieu a voulu faire de lui et il

devra s´en libérer. Il se heurtera à toutes les mémoires de l´humanité qu´il porte en lui et qui aujourd

´hui sont devenues un frein à son évolution.

Pendant ce processus de transformation il comprendra que le mal et le bien que définit la société,

sont des chimères ; il reconnaîtra qu´une qualité aujourd´hui pouvait être un défaut et une faiblesse

il y a quelques centaines d´années. Inversement, un défaut aujourd'hui pouvait être une qualité

vitale chez un homme de Cro-Magnon.
En conséquence, le bien et la mal sont relatifs à l´évolution : le bien se transforme en mal si on le

perpétue au-delà de sa nécessité.


Par exemple, le désir de sécurité est un bien, s´il reste un moyen de se libérer l´esprit ; l´individu qui

a un toit, une profession, sait qu´il n´y a pas nécessité pour lui de rechercher abri et nourriture, aussi

il petit utiliser son mental à autre chose.

Par contre, et c´est valable pour presque tout le monde dans nos sociétés occidentales, quand la

sécurité n´est plus un moyen, mais une valeur instrumentale, quand elle est devenue une finalité,

elle est dans ce cas, un mal.

L´homme n´utilise plus la sécurité pour vivre, il vit pour sa sécurité et en meurt étouffé.

La sécurité sous toutes ses formes, est aujourd´hui le fondement de nos structures collectives :

sécurité financière, psychologique, sentimentale, physique, métaphysique ; il faut être garanti,

assuré, protégé contre tout !

A ce moment là, la sécurité instrument de vie, si elle s´était limité à sa fonction première, devient

instrument de mort.

- Mort mentale d´abord, parce qu´elle entraîne un arrêt de l´évolution, de l´intelligence humaine,

- puis mort physique, quand elle atteint son aboutissement.

Aujourd´hui, nos sociétés s´éteignent économiquement, politiquement et moralement par la

sécurisation.

Demain, les nations risquent de mourir à force de s´être sécurisées par accumulations d´armes de

toutes sortes, elles mourront alors par les mêmes armes qui devaient les protéger, au nom de la

sécurité qui devait les faire vivre.

En conséquence, ce qu´aujourd´hui les sociétés définissent comme un bien est souvent un mal.

L´Alchimiste doit s´en rendre compte ;

Ce que tous les individus recherchent, est le plus souvent à fuir et ce qu´ils dédaignent est peut-être

digne d´intérêt.

Nos civilisations sont à leur fin et tout fonctionne à l´envers.

Elles n´ont pas pris conscience que la vie de l´homme devait prendre une dimension autre que celle

de sa jouissance matérielle, pour s´être arrêté à ce stade, elles amènent l´être humain à disparaître et

s´amènent elles-mêmes à disparaître.

Elles sont devenues des monstres de complexité, mais aussi de fragilité et, surtout, elles ne justifient

plus leur existence que par l´inutilité : les loisirs, le confort au-delà du raisonnable, la mode, la

surconsommation effrenée, l´exploitation démesurée des ressources de la Terre.

Pourquoi tout cela... pour rien !...

Pour se saoûler dans une illusion de jouissance, de sécurité.

Cette évolution est irréversible et mortelle... tout doucement ce qui faisait la vie de l´homme

disparaît.

Ce qui ne sert à rien, la paperasse, le factice, le gadget, la législation, l´administration, remplacent la

créativité, l´utile, l´individualité.
Ce qui est mort impose son carcan à ce qui vit encore.


C´est alors que l´homme comprendra que sa chute dans la matière était une nécessité.

Par l´exploration de cette dimension, il a pu se forger une intelligence, une connaissance et une

compréhension des êtres et des choses qu´il lui était impossible d´acquérir autrement.

C´est parce qu´il tombe que l´enfant apprend à marcher !

C´est parce que la matière nous emprisonne que nous ressentons le besoin de la connaître pour la
maîtriser, puis de nous en libérer lorsque est redécouverte la dimension de l´Esprit.


Ainsi, au fur et à mesure de sa compréhension de lui-même, de tout ce qui l´entoure, l´Alchimiste

saura remettre les choses à leur place. Il se libérera progressivement de tous les pièges dans lesquels

il se laissait disparaître.

Pendant cette phase de purification sa couleur symbolique virera progressivement du noir qui

marquait la putréfaction, la vie végétative sans conscience, au blanc qui signifie en même temps,

pureté et mort ; mort à ce simulacre de vie, revue et corrigée, par les structures humaines.

Lors de ce travail d´initiation, l´homme chemine dans sa conscience selon des hauts et des bas, les
alchimistes appellent ce phénomène d´alternance, Solve-Coagula : Dissout-Condense.

1. La période Solve, correspond à la dissolution d´une ancienne certitude, c´est une phase de


déséquilibre, d´incertitude où la conscience s´est libérée de la marche précédente qu´elle

avait fini d´explorer pour passer à la suivante qu´elle ne connaît pas encore. C´est la période

où le connu éclate pour s´élargir au prochain stade de l´inconnu.
2. La période Coagula, période où la conscience " retrouve ses billes " pourrait-on dire, elle


reprend possession du monde qu´elle explore avec son nouvel acquis, avec sa nouvelle

liberté, avec sa nouvelle compréhension.

Vient enfin,
La Multiplication :

Cette phase va finir le Grand OEuvre.

Elle est marquée par la couleur rouge, la couleur de l´Esprit, du sang du Christ que contenait le

Graal.

Après être mort au monde qui l´entoure, après s´être libéré de la matière, l´initié renaît en Esprit.

Il découvre alors la pierre philosophale, la quintessence des quintessences, cette pierre sur laquelle

Jésus voulait bâtir son église.

Il découvre en lui-même la Vérité.
Après sa propre transmutation, il devient lui-même le transmuteur de ceux qui, après lui,

chercheront la Vérité; il leur a ouvert un chemin par sa propre quête.


L´Alchimie spirituelle est unique dans son principe, mais selon l´individu qui la découvre, elle peutêtre

vécue de différentes façons.

Il y a autant de chemins vers la Vérité, qu´il y a d´êtres humains.

La plupart des êtres humains, à un moment de leur vie se sont posés la question de savoir, le

Pourquoi et le Comment de leur existence.

Ils ont recherché sincèrement au fond d´eux-mêmes si leur but répondait à une Vérité ou à un

Besoin.

Ils ont eu à leur disposition deux cheminements pour effectuer cette recherche :

- la Matière

- ou l´Esprit..

Entièrement libres de choisir l´un ou l´autre, ce sont leurs désirs, leurs croyances et l´importance qu

´ils donnaient à leurs plaisirs qui ont déterminé ce choix.

En effet, la recherche spirituelle de la Vérité, peut être l´espérance d´un homme simple, mais elle n

´est pas obligatoirement celle de tous.

Les individus qui se contentent de satisfaire leurs passions physiques ou intellectuelles, dont le but

est uniquement matériel, ceux-là recherchent le superman, le super-doué, le supersavant.

Ils se trouvent bien dans leur peau et ne veulent pas entrevoir l´échéance, tant que leur santé est

florissante et que leur vulnérabilité n´est pas éprouvée.

La notion d´erreur tout au long de ce cheminement, ne peut donc se justifier, dans la mesure où elle

n´apparaît que lorsque ayant fait un choix, on agit encore selon l´ancienne démarche.

Celui qui a écarté la Matière pour ne considérer que l´Esprit, va vers une perfection.
On peut comparer cet homme à la matière première des alchimistes, à la pierre vile et de nulle

valeur qui doit se purifier par son évolution selon un lent processus alchimique de

transmutation.


Si l´Alchimiste vise à transformer les métaux vils, oxydables et corruptibles en OR, métal réservé

aux dieux et incorruptibles, l´homme doit faire de même, évoluer vers moins de mal, se

comprendre, comprendre qu´il vient de la bête et qu´il doit aller à la perfection, et cette

compréhension lui fera réaliser l´utilité de son travail au long d´un cycle.

De tous temps, les hommes ont souhaité des palliatifs que l´on peut appeler des dieux, dieux

localisés répondant à leurs aspirations, à leurs compréhensions, en fait, souvent confondus avec

leurs besoins du moment.

A leur origine, toutes les religions ont eu accès à une vérité amenée par ceux qui en étaient les

détenteurs (Bouddha, Jésus...) mais le fait que leur quête et leur compréhension aient été par la

suite, prises en compte, exploités par d´autres personnes, a changé le spirituel en politique.

Ni Jésus ni Socrate, ni Bouddha n´ont voulu écrire : leur enseignement n´était qu´oral et servait à l

´éveil de leurs interlocuteurs.

Ils savaient fort bien que les paroles, une fois écrites, sont figées, qu´elles perdent la vie et la

résonance que le verbe leur donne, qu´elles peuvent alors être mal interprétées.

De plus, ils savaient aussi, que la Vérité dont ils pouvaient témoigner, était fonction de l´évolution

mentale humaine à l´époque où ils parlaient...
Le tort des religions, c´est d´avoir voulu ériger en dogme, en morale, en interdits, les moyens

de la quête et d´avoir ainsi arrêté le cheminement de cette recherche.


Toutes les religions ont fait l´erreur de croire qu´il existait une voie, une recette que l´on peut

codifier et qui mène automatiquement à la Découverte de la Vérité.

Toutes les religions, tous les rituels, toutes les ascèses sont des créations d´hommes qui ont

confondu leurs extases avec la vision de la perfection, leurs transes avec la découverte de la Vérité, l

´anesthésie de leur souffrance avec la Sagesse.

Chacun trace, en fait, sa propre voie par sa compréhension.

Il n´est pas question de faire une doctrine de sa réussite personnelle !

Avec son individualité particulière, chaque homme va dans sa recherche de la perfection, désirer la

Vérité, Unique et Immuable. Il cherchera la Liberté, celle qui a pour but de ne pas gêner les autres.,

donc la liberté des autres.

Il voudra comprendre la nature en essayant d´y retrouver la Vérité et, en s´harmonisant avec elle, il
aimera indéfiniment - c´est l´Amour Universel.


Ses réflexions l´amèneront à se sortir de la noirceur de la putréfaction, reflet de la société, qui admet

toutes les injustices en essayant de les justifier, même s´il faut pour cela utiliser la force.

Il essaiera de se libérer du carcan de toutes les contraintes imposées, soit par les commandements de

Moïse, soit par les décrets-lois.

Il cherchera à se définir dans la Vie, dans la Justice et l´Equilibre.

Pour cela, il rejettera religions, sectes, mouvements politiques, ces derniers tentant de lui faire croire

que la vie peut se limiter au métro-boulot-télé-dodo-loisirs. Cela n´a pas de sens vu l´inégalité des

heures du métro-boulot, du dodo, de la télé, des loisirs, suivant que vous êtes " puissants ou

misérables ".

La vie de l´homme, en tant qu´être physique, n´a pas plus d´importance que la vie d´un chat ou d

´une souris.
C´est par sa quête, par son évolution mentale que l´homme trouve sa véritable fonction.


Dans cette optique, tout le monde est à égalité, riche et pauvre, faible et fort, malade et bienportant..

La finalité de la Vie n´étant pas la jouissance matérielle, cela se conçoit très bien.

On se rend même compte, alors, que dans cette quête de l´Esprit, le malade, le défavorisé, pourra

peut-être prendre conscience de lui-même plus vite que le beau et le bien-portant qui ne cherchera

qu´à jouir.

Ce dernier se croit fort, mais de quel droit impose-t-il sa présence sur la Terre, à tous les êtres

vivants, en les conditionnant, en les détruisant pour prendre leur place ?

La Terre ne leur appartient pas.

Comment l´homme peut-il se l´approprier alors qu´il ne représente qu´une espèce parmi 100.000

autres, vivant sur notre planète.

Dans la quête spirituelle, l´homme retrouve sa liberté, une liberté physique et mentale indispensable

à celui qui veut découvrir le vrai sens de la vie.

Celui qui reste prisonnier de ses anciennes croyances, de ses tabous, n´existe pas et n´existera

jamais !

Le suicide des Cathares ou l´ascèse des mystiques qui vivent en réclusion, sont les preuves d´une

incompréhension de la Vie : comment prendre conscience du monde en le fuyant, comment se voir

si l´on se met dans du coton, hors de la réalité ?

L´homme doit sans cesse prendre la mesure de ses actes et de ses paroles par rapport à l´idéal qu´il

se fixe ; c´est alors qu´il peut évoluer vers la Vérité.

Peu à peu, sa conscience va s´élargir, son amour va grandir, et le mal fera place au bien, tout

naturellement.

Celui qui fait sa B.A., ses actes de charité, celui-là n´aime pas, il s´achète une bonne conscience.

Il ne fait aucun travail mental d´évolution et son argent lui sert de passe-partout.

La prise de conscience de la Vérité ne résultera jamais d´une ascèse quelconque.

Celui qui croit s´élever spirituellement par un exercice physique descend en fait, vers l´ombre. Il

accroît le poids des chaînes, des conditionnements qui sont en lui.

La conscience de la Vérité ne peut pas dépendre de la matière ; elle doit être au-delà de toute réalité

physique.

Peut-être n´est-il pas facile de refaire marcher un cerveau endormi par la vie que nous menons, mais

une fois que le réveil a eu lieu, on sait que là se situe la vie, la vérité.

En fait, vouloir exister nécessite une vigilance de tous les instants pour débusquer tout ce qui, en

nous et autour de nous, veut nous faire disparaître.

L´Alchimie de l´Esprit, c´est la porte ouverte à l´espoir, à une autre raison d´être.

Quand l´homme entrevoit ce chemin, il commence à vivre. Chacune de ses pensées, chacun de ses

gestes, lui permet de prendre la mesure de sa responsabilité vis-à-vis de lui-même et des autres.
Savoir ce que l´on Est, est la Vérité, mais Savoir Tout ou alors n´Etre rien !


Le but de l´Alchimie spirituelle peut se résumer en cette phrase.

Cette évolution correspond à un désir de remplissage, de compréhension de tout ce qui nous

entoure. Elle entraîne l´homme à améliorer son intelligence, à augmenter le fonctionnement de son

cerveau, à solutionner ses problèmes par leur compréhension et non par leur fuite.

Chaque fois que l´on devient un peu plus conscient de ce que l´on est, on ouvre une nouvelle porte

vers une meilleure Connaissance de Soi.

En se connaissant on connaît le monde et en se libérant de soi-même, on libère le monde.
" Connais-toi toi-même et tu connaîtras les Dieux et l´Univers ";


Telle est l´inscription écrite sur le fronton du temple d´Apollon à Delphes.

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